3 questions à Paul Emilieu, designer, architecte d’intérieur, scénographe et fondateur du studio Emilieu

« L’hôtellerie haut de gamme fait preuve d’un imaginaire très fort », observe Paul Emilieu, designer, architecte d’intérieur et scénographe. © Say Who

Vous participez à l’exposition « Do not disturb, éloge de l’intime », proposée sur l’espace Exclusive Collection de l’édition 2026 du salon EquipHotel. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour votre scénographie ?

Paul Emilieu : Je suis parti d’une « Ambassade nomade » que j’avais réalisée pour le salon Les Nouveaux Ensembliers, programmé en novembre 2025 au Mobilier National. J’ai transformé ce projet, pensé pour voyager et s’adapter à d’autres contextes, en chambre d’hôtel. On y retrouve un baldaquin, du mobilier multifonctionnel et modulable, un bureau sur tréteaux en métal et bois, paré d’une dorure à la feuille d’aluminium patinée, avec des motifs de chardons peints à la main par Pierre-Yves Morel, des textiles suspendus qui cloisonnent l’espace, telle une tente, ou encore des malles en bois de réemploi, revêtues de faux marbre – pour un maximum de légèreté –, avec une dorure à la feuille. L’idée a été de créer du contraste, en embellissant des codes industriels ou en revalorisant des éléments désuets avec des ornements Arts déco.

Quels profils de partenaires avez-vous sollicité pour la réalisation de cette chambre ?

Paul Emilieu : Pour les textiles suspendus, j’ai choisi la maison Pierre Frey – labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) -. Pour le sol, Codimat (Carpet Society) va réaliser les moquettes. J’ai également œuvré avec le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques (Cirva), le designer Marius Perraud, le ferronnier Samuel Rousseau ou encore le studio With-by pour l’ingénierie concernant la transformation de torche Maglite en applique murale.

 

Selon vous, sous quelles formes s’exprime la singularité de l’hôtellerie haut de gamme en 2026 ?

Paul Emilieu : L’hôtellerie haut de gamme fait preuve d’un imaginaire très fort. Elle témoigne aussi d’une certaine manière d’habiter, en poussant tous les curseurs à l’extrême, en particulier du côté des services. À cela s’ajoute une mixité d’usage : aujourd’hui, on ne vient plus à l’hôtel juste pour dormir, on y vient aussi pour travailler, rencontrer, faire la fête…

Paul Emilieu a transformé en chambre d’hôtel, une « Ambassade nomade » réalisée en 2025 pour Les Nouveaux Ensembliers, au Mobilier National.
© DR

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